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Noirs et millionnaires

mardi 1er août 2006, par

D’une étude à l’autre, on voit grossir le nombre des Noirs fortunés, constate le Sunday Times de Johannesburg.

C’est essentiellement grâce au Black Economic Empowerment (BEE), programme d’émancipation économique destiné aux Sud-Africains noirs, que le pays compte depuis l’année dernière 5 880 nouveaux millionnaires en dollars. “En 2005, la croissance des millionnaires en dollars en Afrique du Sud a été phénoménale : 15,9 %, bien au-dessus du taux mondial de 6,5 %”, souligne Patrick McLaughlin, le porte-parole aux Etats-Unis de Capgemini, à l’origine avec Merrill Lynch du World Wealth Report [Rapport mondial sur la richesse]. Les nouveaux millionnaires ont rejoint les rangs des superriches sud-africains, parmi lesquels les hommes d’affaires milliardaires Jonathan Oppenheimer, Johann Rupert, Patrice Motsepe et Tokyo Sexwale. Ces nouveaux entrants viennent de faire passer le nombre de Sud-Africains millionnaires en dollars à 42 883, selon les chiffres du rapport, contre 25 000 en 2002.

Parmi les nouveaux élus, on compte des promoteurs immobiliers, des courtiers en Bourse, des investisseurs immobiliers ou encore des experts en technologies de l’information, mais aussi d’anciens fonctionnaires et des hommes politiques proches de l’ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir. Toujours selon le rapport 2006 de Capgemini et Merrill Lynch, le continent africain compte 83 000 millionnaires en dollars, qui totalisent une fortune de 800 milliards de dollars [630 milliards d’euros], et la moitié d’entre eux vivent donc en Afrique du Sud. Le pays se classe quatrième sur la liste des pays enregistrant la croissance la plus rapide des millionnaires, derrière la Corée du Sud, l’Inde et la Russie. Le magnat de l’exploitation minière Mzi Khumalo, l’un des premiers bénéficiaires du phénomène, aurait engrangé 1 milliard de rands [112 millions d’euros] dès 2002 au cours d’une seule opération. Patrice Motsepe, jadis lui aussi dans l’extraction, a amassé en dix ans autant d’argent que Raymond Ackerman, le PDG de la chaîne de magasins Pick’n Pay, en quarante années de labeur. Pour l’économiste de Johannesburg Mike Schussler, c’est la solidité du rand qui a permis à de nombreux Sud-Africains de devenir millionnaires : en 2002, explique-t-il, il fallait 9,5 millions de rands pour avoir 1 million de dollars, contre 6,4 millions en 2005. “Sans compter le dynamisme du marché des actions et la hausse de l’immobilier, grâce auxquels beaucoup d’avoirs financiers et de portefeuilles d’investissement se sont envolés”, ajoute l’économiste. Les Sud-Africains qui ont accumulé une fortune ne sont pas tous dans les affaires. L’ancienne star du foot, Lucas Radebe, engrange ainsi près de 1 million de livres [1,5 million d’euros] par an depuis qu’il est capitaine du club anglais de Leeds United. Et le champion sud-africain de cricket Makhaya Ntini, qui a débuté sa carrière il y a plus de dix ans, devrait gagner cette année quelque 1,5 million de rands [170 000 euros].

P.-S.

Simpiwe P iliso

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